N'a pas fait beau...alors, dans l'ordre :

Un "classique" pour les amateurs de polars 9782020334945 mais j'avoue que je commence à trouver Mankell un peu répétitif : un tueur en série encore plus alambiqué que ses nombreux confrères, un constat toujours aussi amer sur l'évolution de la Suède et Wallander fatigué, mais fatigué...Ceci dit ce n'est pas un mauvais polar et je n'aurais certainement pas eu ce jugement un peu abrupt si j'avais commencé la lecture de Mankell par celui là !

Par ailleurs, j'ai attaqué la pile de 10/18 acheté d'occas. la semaine dernière. Pour oublier les tueurs en série, rien de tel qu'un Wodehouse :

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Humour (très) anglais garanti. On y retrouve Bertram Wooster, nobliau anglais totalement niais, sa tonitruante tante Dahlia, avec famille et amis passant de romans en romans de longs week-ends campagnards pendant lesquels malentendus et quiproquos menacent sans cesse la tranquilité et l'équilibre de cette société de dilettantes. Leur préoccupation n°1 est le mariage (et pour Wooster, comment y échapper), n°2 la collection d'argenterie de l'Oncle Tom (et comment voler/récuperer le crémier en forme de vache), n°3 l'élevage des porcs de concours de l'Oncle Galahad !

De ces imbroglios permanents, Bertram Wooster sera toujours tiré in-extremis par Jeeves, son maitre d'hotel qui, malheureusement, dans ce roman-ci part pour quelques jours de vacances au bord de la mer, pour pécher la crevette...En conséquence, les menaces qui s'accumulent sur Bertram Wooster sont de plus en plus catastrophiques !

Après Wodhouse, un roman très étrange et prenant :

ScreenShot071Rodney Hall, Secrets Barbares (Captivity captive) trad de l'anglais, 1990. Ce roman trouve son origine dans un fait divers qui se déroula en 1898, dans le sud du Queensland, en Australie -pays ou l'auteur est installé depuis 1945-. Trois jeunes gens, frères et soeurs, furent assassinés le lendemain de Noël...Le récit commence en 1956, le jour ou meurt un vieillard qui s'accuse du crime et à travers les souvenirs du narrateur, frère des victimes, on pénètre peu à peu dans le cercle de cette inquiétante famille. L'athmosphère lourde du contexte familial comme du contexte physique du bush australien, est accentuée par une écriture de très grande qualité (et certainement une très bonne traduction) et une construction du récit et des personnages par touches successives tout au long d'une sorte de journal à rebours...

Sur la 4 eme de couverture, ces mots de Salman Rushdie (qui n'est pas n'importe qui !!!): "tellement superbe qu'on voudrait l'avoir écrit". Rodney Hall, vraiment une découverte !

Enfin, ce matin (je me suis réveillée à 3 heures !) toujours dans la pile des 10/18 :

ScreenShot07a1 Enrico Remmert, Rossenotti trad. de l'italien par Nathalie Bauer, 1999.

Un premier roman qui a dû beaucoup plaire aux lecteurs des Inrockuptibles (je hais les Inrock) ! Il s'agit là essentiellement des beuveries d'étudiants manifestement pas fauchés, on y fait (plusieurs fois) le tour des boites de Turin et l'auteur y déplore (en demi teinte, ce n'est pas un roman moral, quand même) les ravages des drogues dures ! Ceci dit, ce n'est pas un mauvais roman -il n'a d'ailleurs peut-être pas le temps de devenir mauvais, il est court et d'une écriture facile et branchée mais sans excès-. En d'autres temps, il y a eu Françoise Sagan, c'est pas pire, c'est juste aussi creux !

Je redis : la découverte, c'est vraiment Rodney Hall, alors si quelqu'un veut essayer, il suffit de le dire ! Moi je vais chercher les deux ou trois autres romans qui ont été traduits ! Et comme il a recommencé à pleuvoir, je continue d'épuiser la pile de livres d'occasion...