Un troisième roman d'Elena Arsena, Ambre mortel...

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Nous retrouvons le boyard Artem, ses varlets et son fils adoptif Philippos, à Volok, en plein carnaval, au XI eme siècle...C'est le 3eme opus des enquêtes du conseiller de Vladimir, prince de Rostov. Au delà des intrigues et des enquêtes, on découvre un univers qui nous est totalement étranger, loin dans le temps comme dans l'espace...Et, à mes yeux, c'est ce qui fait le principal intérêt de cette série : saviez vous que les Varègues qui assumèrent le pouvoir (Artem revendique fréquemment sa filiation varègue) sont les vikings...Que le nom "rüss" était donné aux suédois par les slaves...Que des peuples aujourd'hui disparus, comme les Iatvags du roman (peuple balte, dont on ne sait à peu près rien) vivaient dans cet immense territoire ?

A part  quelques images cinématographiques (celle d'Ivan le Terrible, des Chevaliers teutoniques ou d'Andrei Roublev) je ne connaissais rien de l'histoire de la Russie ! Outre les descriptions très documentées des coutumes et des évènements (avec notes et une postface) la lecture de cette série donne surtout envie d'en savoir davantage ! Où est Volok, sur laquelle je n'ai pas pu trouver de précisions...quelque part dans la principauté de Rostov...Quels sont ces peuples autochtones disparus, quelles relations entre Byzance, la Grèce et la Russie (Philippos est grec, comme le médecin Photios...), ou entre la religion chrétienne toute nouvelle et les croyances païennes interdites mais bien vivantes, autant de questions que suscitent les aventures du drouijinnick Artem et de ses compagnons, au delà du plaisir de l'aventure romanesque !

"disponible dans ma maison"

Voila ce que dit Wikipédia du contexte :

La Rus' de Kiev ou principauté de Kiev (Ruthénie) est le premier État organisé à s'être formé dans la région occupée aujourd'hui par l'Ukraine, la Biélorussie et une partie de la Russie occidentale (862). Fondée par des Varègues venus de Scandinavie à travers les différents fleuves de la plaine russe et ukrainienne, elle est dirigée par la dynastie des Riourikides. Elle forme un État peu structuré dont les sujets sont les tribus de Slaves orientaux et de nombreux peuples eurasiatiques qui leur versent tribut comme les Tchoudes, les Mériens et les Krivitchs. Les princes varègues développent la route commerciale qui relie la mer Baltique, la mer Caspienne et la mer Noire en empruntant le Dniepr et la Volga.

Par la force des armes, ils réussissent à s'imposer à l'empire byzantin à partir de 860 en tant que partenaire commercial. La principauté de Kiev doit combattre les peuples nomades des steppes venus de l'est : Petchenègues, Coumans, etc. En 882, Oleg le Sage déplace sa capitale de Novgorod à Kiev après s'être emparé de Smolensk. En 907, Oleg le Sage s'allie à l'Empire byzantin en campagne contre les Bulgares du Danube, ces campagnes débouchent en 911 sur un accord commercial avec Byzance.

Entre 912 et 913, la principauté de Kiev tente d'accroître son influence sur de nouvelles tribus slaves dont les Drevlianes. Igor de Kiev organise une campagne vers la mer Caspienne avec 500 navires. La troupe pille Gillian, Tabaristan et Chirvan et prend un grand butin. La troupe du prince de Kiev est cependant repoussé par la suite par les Khazars. Igor doit retourner à Kiev pour reconstituer ses forces. Entre 915 et 916, les Petchenègues, un peuple de la steppe d'origine turque venu de l'Est, s'établit au sud du territoire de la principauté de Kiev et pendant un siècle ils règnent sur la plaine. En 941, Igor de Kiev à l'instar d'Oleg le Sage, organise une nouvelle expédition contre Byzance après avoir fait la paix avec les Petchenègues ; il est repoussé par les Byzantins, qui utilisent le feu grégeois. Entre 943 et 945, la Rus combat successivement les peuples de la mer Caspienne et Byzance sans gains marqués. Toutefois, la paix est signée avec Byzance sur le Danube. Mais en 945, Igor de Kiev est tué par les Drevlianes à Iskorosten alors qu'il menait une expédition pour percevoir leur tribut.

Sous le règne de Vladimir, le territoire s'étend et en 988, il se convertit à la religion de l'empire byzantin, le christianisme orthodoxe : celle-ci devient religion d'État et est l'un des facteurs de l'unité nationale russe. À partir du XIIe siècle, la principauté de Kiev se désintègre au fil des années sous les coups de boutoir des peuples nomades notamment des Coumans après une longue période d'instabilité interne en raison des partages successoraux entre les descendants de Vladimir. Une immigration de population vers le nord-est commence de par ces conflits et de nombreuses villes-principautés nouvelles sont ainsi crée, parmi lesquelles Moscou en 1147. Les princes, qui dirigent ces principautés et ont la propriété éminente de la terre, emploient des armées encadrées par des boyards qui deviendront progressivement des propriétaires terriens. Ils règnent sur une masse de paysans à cette époque généralement libres. La principauté de Vladimir-Souzdal et surtout la république de Novgorod toutes deux situées au nord de la principauté de Kiev vont profiter de leur indépendance pour se développer. La république de Novgorod, cité-État dotée d'un système de gouvernement original, prospère grâce à ses échanges commerciaux avec les pays de la Baltique. Elle repousse à plusieurs reprises les tentatives d'expansion des chevaliers teutoniques, comme celle qui mène à la bataille du lac Peïpous.

La Rus' fait alors place à une quinzaine de principautés comme la République de Novgorod. En 1276, la principauté de Moscou voit le jour.