Frangines' Club

06 avril 2017

MAPUCHE de Caryl Férey

Jana est Mapuche, tribu que les colonisateurs ont exterminé, repoussé au plus loin sur les plateaux argentins et du Chili, fille d’un peuple indigène longtemps tiré à vue dans la pampa argentine. Rescapée de la crise financière de 2001-2002, pour survivre, elle a connu la prostitution à Buenos Aires, avant de se consacrer à la sculpture. Jana vit seule à Buenos Aires et, à vingt-huit ans, estime ne plus rien devoir à personne.
Rubén Calderon aussi est un rescapé, un des rares «subversifs » à être sorti vivant des geôles clandestines de l'École de Mécanique de la Marine, où ont péri son père et sa jeune soeur, durant la dictature militaire.
Trente ans ont passé depuis le retour de la démocratie. Détective pour le compte des Mères de la Place de Mai, Rubén recherche toujours les enfants de disparus lors de la dictature, et leurs tortionnaires...
Rien, a priori, ne devait réunir Jana et Rubén, que tout sépare. Puis un cadavre est retrouvé dans le port de La Boca, celui d'un travesti, « Luz », qui tapinait sur les docks avec « Paula », la seule amie de la sculptrice. De son côté, Rubén enquête au sujet de la disparition d’une photographe, fille d’un des hommes d’affaires les plus influents du pays.

Malgré la politique des Droits de l'Homme appliquée depuis dix ans, les spectres des bourreaux rôdent toujours en Argentine. Eux et l'ombre des carabiniers qui ont expulsé la communauté de Jana de leurs terres ancestrales...

Encore une fois un roman policier mais... pas que !

Caryl Férey nous entraîne dans une Argentine traumatisée tant par la barbarie des militaires que par le cynisme des profiteurs de la crise économique. Il a longuement enquêté en Argentine sur la période des années de plomb.Il brosse un tableau hallucinant d’un pays en proie à sa propre histoire.

Le premier roman de Caryl Férey que j'ouvre mais qui me donne envie d'en découvrir d'autre... A suivre donc

MAPUCHE

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07 décembre 2016

Les Brillants - Marcus Sakey

Dans le Wyoming, une petite fille perçoit en un clin d’œil les secrets les plus sombres de tout un chacun. À New York, un homme décrypte les fluctuations des marchés financiers et engrange 300 milliards de rofit en une semaine. À Chicago, une femme maîtrise le don d’invisibilité en sachant d’instinct se placer là où personne ne regarde. On les appelle les «Brillants», et depuis les années 1980 1 % de la population naît avec ces capacités aussi exceptionnelles qu’inexplicables.
Nick Cooper est l’un d’eux : agent fédéral, il a un don hors du commun pour traquer les terroristes. Sa nouvelle cible est l’homme le plus dangereux d’Amérique, un Brillant qui fait couler le sang et tente de provoquer une guerre civile entre surdoués et normaux. Mais pour l’arrêter, Cooper va devoir remettre en cause tout ce en quoi il croit, quitte à trahir les siens.

Dans les années 80 des enfants prodiges sont nés. Nul ne sait pourquoi mais le fait est qu'ils continuent à proliférer et 30 ans plus tard, ces personnes sont perçues comme dangereuses...

Marcus Sakey nous montre tout le processus de haine qui va lentement se profiler entre "les normaux " et" les brillants" jusqu'à engendrer des camps de détention , des puces que l'on veut implanter à ces mêmes brillants. (petit rappel d'étoiles jaunes)...Racisme, différence, terrorisme, politique, embrigadement et pouvoir... futuriste mais pas tant que ça !?

 

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06 septembre 2016

3 minutes 33 secondes - Esi Edugyan

3m33

Un disque de 3 minutes 33 secondes, c’est tout ce qu’il reste de ce temps-là. De ce Paris occupé où trois jazzmen planqués pour échapper aux nazis tentaient malgré tout d’enregistrer un morceau. Sid, Chip, et Hiero, deux Noirs de Baltimore et un métis allemand, unis le temps d’un enregistrement frondeur, au nez et à la barbe de l’ennemi. Avant, c’est à Berlin qu’ils jouaient, quand l’Amérique marquait le tempo des folles nuits européennes. Avant que Goebbels n’interdise cette «musique nègre» et qu’eux trouvent refuge en France et rencontrent le grand Armstrong. Mais, parfois, il ne faut guère plus de trois minutes pour qu’un destin bascule. Un regard enjôleur, une ligne de basse qui dérape, des papiers qui n’arrivent pas… Alors restent les souvenirs, ces moments hors du temps qui font le sel de la vie.
Dans ce roman émouvant et drôle, où fiction et réalité se confondent, Esi Edugyan brosse le portrait d’une époque, d’un milieu, d’une amitié, retrouvant les accents savoureux et le langage des musiciens noirs américains.

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18 août 2016

DERNIER REQUIEM pour les INNOCENTS - Andrew Miller

Dernier-Requiem-pour-les-Innocents

En 1785, Jean-Baptiste Baratte, jeune ingénieur normand tout juste diplômé, est chargé par le ministre du roi de vider le cimetière des Saints-Innocents avant de le détruire. Situé en plein coeur de Paris, c'est le plus ancien de la ville; depuis plusieurs années déjà, il déborde et l'odeur nauséabonde qui s'en dégage menace la santé des riverains.

Jean-Baptiste envisage d'abord sa mission comme une chance d'en finir avec un passé archaïque, une tâche à la hauteur de sa modernité d'homme épris de la philosophie des Lumières. Il ne tarde pourtant pas à se demander si cette démolition n'est pas le prélude à sa propre destruction.

Dernier requiem pour les innocents est un roman historique qui dissimule, derrière ce titre digne d’un polar, un épisode fort original de la vie du Paris des dernières années de la monarchie. En l’an 1785, en effet, Jean-Baptiste Baratte, le héros de Dernier requiem pour les innocents, jeune ingénieur normand tout juste diplômé des Ponts et Chaussées est chargé par le ministre du roi de vider le cimetière des Innocents et de détruire l’église du même nom.

Andrew Miller plonge le lecteur dans le Paris de la fin du XVIIIe siècle, celui des petites gens et des commerçants qui vivent autour du cimetière, et restitue brillamment le bouillonnement intellectuel dont la France est le théâtre à la veille de la Révolution.

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29 juillet 2016

Petits plats de résistances de Pascale Pujol

Tout tient au ventre, chez l’homme, chacun le sait. Dis-moi ce que tu mitonnes je te dirai ce que tu mijotes, confie-moi ce que tu goûtes, je te dirai quoi tu guignes. C’est forte de pareilles maximes que Pascale Pujol nous convie à la dégustation de ses Petits plats de résistance, un premier roman à la carte en forme de comédie urbaine tressautante, de pochade érotique et de sociodrame papillaire où chaque chapitre est mis sous l’invocation d’un plat ou d’une denrée. Soit, en entrée, Sandrine Cordier, une Pôle-employée tant futée et ambitieuse qu’allante et dodue, nantie d’un Guillaume de mari dont le grand oeuvre est une arnaque aux kiosques de presse et deux enfants, une fillette surdouée du net et un ado mode et sous-tendu ; soit, en plat principal, le groupe Lacarrière résumé au patriarche patron de presse libéral, Marcel, à son rejeton, un baise dru jet-setteur et plutôt nigaud, et à son porte-flingue, Bricard is the name, finaud et haut en magouilles. Épice l’ensemble et agrémente l’assiette toute une garniture aux petits oignons : une internationale de cordons-bleus sans trop de papiers, Ferreira le voyeur, Benoliel l’agent immobilier, une flottille de drôlesses cascadantes et minaudantes et de ploucs grandioses dont, trônant parmi quelques mannequins d’un soir, l’opulente et vorace Annabelle Villemin-Dubreuil (ex Lamoul Véronique), ancienne de Langues O’ passée à la carte du tendre et au courrier du coeur. Tels sont les ingrédients de base de cette goûteuse potée romanesque où l’on savourera selon les bonheurs de la pêche : des secrets familiaux, une géographie poétique de la Goutte d’Or, un tribunal de commerce mué en ring de catch, une crépitante méditation sur la tectonique des classes et le choc des cultures et surtout, surtout, où l’auteur affirme un goût certain pour une vision papillaire des mots et gustative de la littérature. À table !

Petits-plats-de-resistance

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25 juillet 2016

lireBonnes Vacances

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15 juin 2016

J'ai de bonnes nouvelles...

"J'ai de bonnes nouvelles
Vole, l'hirondelle
J'ai de bonnes nouvelles
A vous donner de moi

Acheminez-moi vos histoires
Je les veux toutes à présent
Je suis comme un grand réservoir
Le soleil est tombé dedans"                               chantait Anne Sylvestre en 1978

coquelicotsElle nous régale de ses mots encore et encore ressortis de ce "grand réservoir"..

Dans toujours plus de chansons superbes mais aussi dans ce génial petit livre de chevet...

On l'ouvre au hasard et et la moindre page fait du bien.

Qu’ils soient savoureux comme «frangipane », surprenants comme «libellule», drôles comme «s’esclaffer» ou nostalgiques comme «parfum», les mots préférés d’Anne Sylvestre racontent son histoire, ses souvenirs d’enfance, sa poésie et sa gourmandise de la vie.

 

Un seul mot me vient à l'esprit pour vous Madame Anne : MERCI

 

 

On connaît Louis Chedid pour ses chansons, chroniqueur de l’intime et des maux de son époque. On le connaît aussi créateur de pépites telles que le conte musical Le Soldat rose. On le découvre ici sous un jour beaucoup plus grinçant.

Vies et poussieres

Des vies et des poussières, c’est un recueil de nouvelles à l’atmosphère drolatique, des bribes d’existence où quelque chose se grippe, se voile, se disloque. Un univers souvent cruel et assassin mais jamais loin de l’absurde ni dénué d’humour.
Un homme qui vient de mourir mais ne le sait pas encore ; un autre qui pour accéder au calme se prive de tous ses sens ; un chien visionnaire ; une poupée gonflable au destin tragique ; un menteur pathologique ; une basse-cour très philosophe ; un président de la République en plein cauchemar ; un coma désopilant ; un fils haï qui songe à se venger…
Au fil de ces nouvelles, Louis Chedid nous étonne, nous fait sourire et frissonner. Quelle belle surprise que cet objet livre ! Tout est Chedid là dedans, le bonheur d’écrire, l’élégance malicieuse des mots et un art certain de la chute. Quel régal !

 

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03 juin 2016

De Little Bird à Steamboat - Craig Johnson, en avant pour le Wyoming...

Little Bird

Après vingt-quatre années passées au bureau du shérif du comté d'Absaroka, dans le Wyoming, Walt Longmire aspire à finir sa carrière en paix. Ses espoirs s'envolent quand on découvre le corps de Cody Pritchard près de la réserve cheyenne. Deux années auparavant, Cody avait été un des quatre adolescents condamnés avec sursis pour le viol d'une jeune indienne, Melissa Little Bird, un jugement qui avait avivé les tensions entre les deux communautés...

 

Litle bird

Avec Little Bird, premier volet des aventures de Walt Longmire, Craig Johnson nous offre un éventail de personnages dotés d'assez de sens du tragique et d'humour pour remplir les grandes étendues glacées des Hautes Plaines.

Un roman savoureux qui mêle humour noir, enquête et découverte des grands espaces...

 

 Une fois rencontré Walt Longmire et Henry Standing Bear, vous ne pourrez plus vous passer de leur compagnie.

Retrouvez les dans les romans suivants de Craig Johnson : Le Camp des morts, L'Indien blanc, Enfants de poussière, Dark Horse, Molosses, Tous les démons sont ici, À vol d'oiseau.

Le dernier que je viens de lire n'est pas précisément un roman policier, plutôt "une gourmandise de noël" :

Steamboat 

Plongé dans la lecture du Chant de Noël de Dickens, le shérif Walt Longmire voit surgir à la porte de son bureau une jeune femme élégante, cicatrice au front et mille questions en tête à propos de son passé et de l’ancien shérif, Lucian Connally. Mais impossible pour le vieil homme de se rappeler cette femme jusqu’à ce qu’elle prononce le nom de “Steamboat”… 

STEAMBOAT

Dans la lignée des nouvelles de Noël, ce roman court nous entraîne dans le passé de Walt Longmire et nous fait revivre son premier Noël épique en tant que shérif.

 

 

 

 

Et pour vous mettre l'eau à la bouche,

une nouvelle, lauréate du prix Tony Hillerman Short Story Award

(excusez moi du peu)

"Un vieux truc indien"

(Old Indian Trick publiée en 2006 dans le magazine Cowboys & Indians)

suivez ce lien vers le fichier pdf et régalez vous :

Vieu_truc_Indien_Craig_Johnson

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26 mai 2016

TRUC, vous avez dit Truc... OLIVIER Truc

Olivier Truc grandit en région parisienne et devient journaliste à Midi libre en 1986, il vit à Stockholm depuis 1994 où il est le correspondant du Monde et du Point, après avoir travaillé à Libération.

Spécialiste des pays baltes, il est aussi documentariste pour la radio et la télévision. Il est l’auteur de la biographie d’un rescapé français du goulag, L’Imposteur (Calmann-Levy).

Grande lectrice de romans policier, je l'ai découvert en 2015 et je suis fan.

2 magnifiques polards ... mais pas que...

Pays et culture inconnue, traditions et mutations galopantes de la région, bouleversée par le développement, personnellement j'ai fait un grand voyage avec ces deux romans. Une petite préférence pour "Le Détroit du Loup" mais il est tout de même plus intéressant de les lire dans l'ordre d'édition.

DERNIER LAPON

Le dernier Lapon

L’hiver est froid et dur en Laponie. À Kautokeino, un grand village sami au milieu de la toundra, au centre culturel, on se prépare à montrer un tambour de chaman que vient de donner un scientifique français, compagnon de Paul-Emile Victor. C’est un événement dans le village. Dans la nuit le tambour est volé…

DETROIT LOUP

Le détroit du loup

Le printemps dans le Grand Nord, une lumière qui obsède, une ombre qui ne vous lâche plus. À Hammerfest, petite ville de l’extrême nord de la Laponie, au bord de la mer de Barents, le futur Dubai de l’Arctique, tout serait parfait s’il n’y avait pas quelques éleveurs de rennes et la transhumance… Là, autour du détroit du Loup, des drames se nouent. Alors que des rennes traversent le détroit à la nage, un incident coûte la vie à un jeune éleveur. Peu après, le maire de Hammerfest est retrouvé mort près d’un rocher sacré. Et les morts étranges se succèdent...

 

 

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22 septembre 2012

Le Grand Livre

Avant d'expédier une équipe d'historiens à Coventry, Monsieur Dunworthy, professeur d'histoire à Oxford en 2050 participa -un peu contre son gré- au premier envoi d'une historienne ...au Moyen Âge, époque réputée dangereuse, en particulier pour une femme ! Oui,  mais les rivalités académiques étant ce qu'elles sont en 2050 comme aujourd'hui, il fallu s'y résigner. Toutes les précautions furent-elles prises pour que Krivin Engle revienne saine et sauve de 1320 ?

Presque...sauf qu'un technicien chargé du transfert et victime d'une épidémie dont il fut une des premières victimes,  ne pu signaler à temps qu'il y avait eu "un petit décalage" : Krivin arriva...en 1348, exactement l'année ou la peste noire ravagea la région d'Oxford.

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Épidémies : celle de la peste, dont l'historienne put vérifier de visu que les ravages furent terribles (la moitié de la population européenne fut exterminée), celle qui isola Oxford pendant ce voyage dans le temps et dont la source est aussi au Moyen Âge, transmise par des fouilles archéologiques et pandémie indéterminée dans le roman, dont le souvenir court tout au long du livre : au delà du récit d'un voyage dans le passé, c'est bien de la menace de l'épidémie dont il est question dans ce roman de Connie Willis et de la manière dont les humains réagissent à ce fléau.

Si le récit fait la part de l'humour pour ce qui est de l'épidémie contemporaine de l'expérience, avec une galerie de portraits acides, la partie consacrée à la peste est beaucoup plus grave et donne une idée de l'horreur qu'ont du traverser nos ancêtres face à un mal contre lequel il ne pouvait rien et qui a pu parfois anéantir des villages entiers.

Si on retrouve dans ce roman certains personnages de "Sans parler du chien" l'ensemble est beaucoup plus grave, plus d'allusion littéraire et la partie consacrée au Moyen âge est saisissante : on lit les 700 pages d'une traite !

Comme je suis une lectrice un tant soit peu "obsessionnelle", je continue avec Connie Willis un petit bout de chemin...

Connie Willis Le Grand Livre (Science fiction /J'ai lu - 1992- 1994 pour la traduction de Jean-Pierre Pugi)